Pyla-sur-Mer - Dune du Pilat - En boucle
Date de l'étape : 18 Juin 2006Dans mon roman en cours d'écriture, un des chapitres se situe sur une île. Mon personnage central se retrouve projeté ensuite, en fin de chapitre, sur le continent, au bord d'un océan, dans un cadre sableux que j'ai nommé « le Tracé ». La dune du Pilat !
Voilà le véritable dessein, le but inavoué de mon voyage d'agrément ! Autant de kilomètres parcourus pour atteindre une telle curiosité, l'apogée même de mes chroniques et de ma découverte du terroir.
Je voulais ainsi vérifier sur place si mon imaginaire correspondait à la réalité. Sur ce, il me fallait créer un itinéraire à travers l'Aquitaine dont la finalité serait la fameuse dune. Elle était mon unique raison d'être durant ces deux semaines. L'attente combla ses promesses lors d'une journée particulièrement brûlante.
Fouler pieds nus du sable, c'est déjà un plaisir enfantin ; par contre, évoluer ainsi sur un désert de 2,7 kilomètres de long, 500 mètres de large et 105 mètres d'altitude, une forme particulière d'extase prend alors naissance.
Subtil mariage entre la forêt de pin des Landes d'un côté et l'Atlantique de l'autre. La beauté des lieux, une fois arrivé en haut de l'escalier de 150 marches, vous saisit à la gorge. Classé "Grand site national" en 1978, cette formation sableuse est une des fréquentations touristiques les plus affluentes. Pour cause, ce qui est impossible à imaginer ailleurs en Europe, c'est du sable à perte de vue, des formes vallonnées qui vous dépaysent, un contraste troublant entre univers marin et terrien. Au sommet, le vent siffle fort dans les oreilles, apportant des grains de sable dans un tourbillon féérique.
L'enchaînement océan, désert et verdure laisse coït et admiratif. Belles lignes de courbes, du bleu fluide jusqu'au jaune désertique, et du vert émeraude jusqu'à l'ocre luisant. Plus de deux heures de traversées sont nécessaire pour bien parcourir cet océan de sable.
Toujours en perpétuel mouvement, la dune semble engloutir la forêt des pins. Ce chevauchement naturel lui vaut une réputation de mangeuse insatiable. Des résidences du siècle dernier ont ainsi été avalée par cette densité sableuse, le vent contribuant à ce phénomène par l'ouest. Les branches mortes évoquent parfois les doigts de squelette jaillissant du sable.
Cette dune est loin d'être éternelle ; les spécialistes estiment qu'elle s'affaisse et qu'elle risque de disparaître totalement au siècle prochain, après avoir dévoré la route de Biscarrosse et les campings environnants. Il est donc essentiel de bien connaître son histoire et de la perdurer. Egalement, la proximité avec le front de mer flirte avec les ravages de l'érosion.
Sa lente progression jusqu'à l'intérieur des terres ne doit pas faire éclipser sa magie, son immensité exceptionnelle. Le voisinage avec l'océan autorise une contemplation infinie. Face à vous, le banc d'Arguin, tel une langue baignée dans une eau cristalline, accentue cette sensation irréelle du dépaysement. La perspective sur le phare du Cap Ferret, sur la presqu'île du même nom, vous fait saliver par avance sur les nombreux joyaux qu'offre le Bassin d'Arcachon. Les moments pour découvrir la dune du Pilat demeurent souvent au petit matin et au crépuscule, lorsque soleil et sable s'entremêlent dans un écrin de couleurs chatoyantes.
Elle est synonyme aussi de lieu pour des virées aériennes. En effet, les deltaplanes sont légions. Les envols multicolores parsèment le ciel clair. Vue d'en haut, les touristes sur la dune doivent ressembler à des fourmis.
En guise de conclusion, une promenade le long de la plage de la Lagune, pieds dans l'eau, prolonge l'émotion. Et si, après tout cela, vos nuits ne sont pas enrobés de beaux rêves peuplés de grands espaces, une dernière solution s'impose à vous : y retourner !
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