20/02/2005 (Lyon)
Date de l'étape : 20 Février 2005Ma levée matinale fut accueillie par une mosaïque laiteuse. Par la fenêtre que j'écartai peu (pour ne pas réveiller mes voisins de chambrée), je vis la neige engloutir la ville d'une mousse stagnante et mal odorante.
Peu de chances, par contre, que ces évènements météorologiques puissent enfreindre mes objectifs du jour. Ils étaient clairs : monter jusqu'à Fourvière, descendre au Vieux-Lyon, bifurquer à la Croix-Rousse, prolonger jusqu'au Parc de la Tête d'Or et rentrer.
Souvent, avec ténacité, la farandole des flocons blancs m'empêchaient soudain toute visibilité. Le menton bas, les sourcils fléchis et les mains en visière, je ne pouvais admirer souvent les lieux au péril d'une bonne claque glacée sur le visage.
Cependant, le soleil m'autorisait, lors de ses exceptionnelles apparitions, à mieux connaître ce pourquoi cette ville est si célèbre.
Par exemple, la prouesse technique des différents murs peints a cultivé mon intérêt grandissant pour Lyon. Découvrir une fresque géante au détour d'une ruelle ou simplement à partir d'une peinture présumée sans suite mais avec de fortes qualités, demeure toujours un moment magique : s'éloigner légèrement de ma première découverte et, en se retournant, s'apercevoir qu'il y a une continuité, ne fait que croître ma fascination. Puis, pour apprécier l'ensemble, il faut savoir reculer en conservant la tête levée ; ici, c'est la surprise, belle et inoubliable ! Enfin, sentir son coeur battre à tout rompre en prenant le temps de parcourir, de long en large, la fresque ; le temps de chercher les détails en s'avançant et de revenir en arrière pour mieux les placer dans leur contexte.
L'enchaînement de ces instants inopinés, pareil à une vive douleur dans l'abdomen, me plongeait à chaque fois dans un sentiment d'infériorité, quant à l'intelligence et la précision de ces peintures murales.
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